La réunion publique récente sur les finances de la commune a mis en lumière une situation grave : une trésorerie passée de 257 000 € en 2019 à -30 000 € en 2026. Ce n’est pas une dérive mineure, c’est un déséquilibre majeur qui engage l’avenir du village.
Face à cela, certains réclament des “têtes”. La réaction est compréhensible. Mais est-ce ainsi que nous avancerons ?
Il faut d’abord regarder les choses en face. Oui, il y a eu une erreur importante. Le projet de la Gentilhommière, aussi louable soit-il dans son intention — maintenir un commerce — était manifestement surdimensionné pour notre commune. Il est devenu, au fil du temps et des aléas, le cœur du problème financier que nous connaissons aujourd’hui.
Il faut aussi être clair : les citoyens ne sont pas responsables de cette situation. Au contraire, beaucoup ont donné de leur temps, de leur énergie, souvent bénévolement, pour faire vivre ce projet. Leur engagement est à saluer.
La responsabilité est du côté des élus. Être élu, ce n’est pas seulement porter une vision, c’est aussi savoir en mesurer les risques, écouter les alertes, accepter le doute et, parfois, savoir renoncer.
Chacun, à son niveau, doit s’interroger :
- ceux qui ont porté le projet avec conviction,
- ceux qui n’ont pas su ou pas pu exprimer leurs désaccords,
- ceux qui ont validé sans suffisamment questionner,
- et bien sûr le maire, qui avait la responsabilité finale des orientations.
Dire cela n’est pas “chercher des coupables”, c’est reconnaître des responsabilités. Et cette reconnaissance est indispensable si l’on veut éviter de reproduire les mêmes erreurs.
Pour autant, rien n’indique qu’il y ait eu malhonnêteté. Il n’est question ni de détournement de fonds, ni d’enrichissement personnel. Il s’agit d’erreurs humaines, dans un cadre démocratique, avec des personnes qui ont agi en pensant bien faire.
C’est précisément pour cela que la situation est délicate : elle appelle de la lucidité, pas de la vengeance.
Aujourd’hui, le risque est double : soit nier les responsabilités, soit sombrer dans la division. Aucune de ces voies ne permettra de sortir de l’impasse.
La seule issue est plus exigeante : reconnaître ce qui n’a pas fonctionné, assumer les responsabilités individuelles des élus, et reconstruire un fonctionnement plus ouvert, plus à l’écoute.
Les efforts de la nouvelle équipe pour informer et consulter la population vont dans ce sens. Ils doivent être poursuivis et renforcés.
En tout état de cause, il est utile de rappeler une exigence simple, valable pour tous les élus de la République — du maire au président, en passant par les conseillers municipaux, départementaux, régionaux, les députés et les sénateurs :
Vous avez été élus pour représenter vos électeurs.
Vous n’êtes pas des chefs. Les autres élus ne sont pas vos alliés par principe, même lorsqu’ils partagent vos idées ou votre sensibilité politique.

Votre devoir est d’exercer votre jugement, d’assumer vos responsabilités, de rester fidèles à vos convictions et, surtout, de rester en contact avec celles et ceux qui vous ont accordé leur confiance.
Notre village n’a pas besoin de règlements de comptes. Il a besoin de vérité, de responsabilité et de cohésion.
C’est à cette condition que nous pourrons avancer.
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