Comme promis, voici le volet consacré aux finances de la commune. Après vérification de ma part auprès de la Direction Générale des Finances Publiques (DGFIP), les chiffres présentés dans le tableau de la liste de Mme Dequesne sont bien les bons.
Il y a cependant plusieurs éléments qui m’interpellent.
Le fonds de roulement
Il existe dans les finances publiques des termes parfois un peu obscurs pour le commun des mortels (dont je fais partie). Une petite explication s’impose donc.
Le fonds de roulement correspond tout simplement à l’argent disponible pour la commune. On peut comparer cela à l’argent que nous avons sur notre compte bancaire ou sur un livret d’épargne.
En 2019, la commune disposait d’environ 260 000 €.
En 2024, cette somme n’était plus que d’environ 38 000 €.
(Les chiffres pour 2025 et 2026 ne sont pas encore disponibles.)
Bien sûr, cet argent ne s’est pas envolé. Une partie a été utilisée pour financer des projets. Par exemple, environ 100 000 € ont été affectés à la création du service public industriel et commercial (SPIC), c’est-à-dire l’annexe / la Gentilhommière.
Il n’en reste pas moins que la question mérite d’être posée : la commune dispose-t-elle encore d’une marge financière suffisante pour faire face aux imprévus ou financer de nouveaux projets ?
La capacité d’autofinancement
Contrairement à ce que je pensais au départ, la capacité d’autofinancement ne correspond pas directement à la capacité de « s’acheter quelque chose ». Elle mesure plutôt la capacité d’une collectivité à financer ses investissements ou à rembourser ses emprunts sans avoir recours à de nouveaux crédits.
On peut comparer cela à la situation d’un particulier qui souhaite acheter une voiture : la banque va d’abord vérifier s’il dispose de revenus suffisants pour rembourser le prêt.
Pour la commune de Fos, les chiffres officiels indiquent :
- Excédent brut de fonctionnement : 2,66
- Capacité d’autofinancement (CAF) : 2,34
- CAF nette après remboursement du capital des emprunts : 1,21
Ces montants représentent respectivement 25,95 %, 24,83 % et 16,59 % des produits de fonctionnement.
Autrement dit, après avoir payé les dépenses courantes et remboursé les emprunts, la commune conserve une marge financière limitée pour investir.
Si la capacité d’autofinancement devient trop faible, il devient plus difficile pour une commune d’emprunter pour financer de nouveaux projets.
La question mérite donc d’être posée : les projets envisagés par les différentes listes sont-ils compatibles avec la situation financière actuelle ?
Un point d’équilibre à trouver
Un autre chiffre attire l’attention : 58 % du budget de fonctionnement serait consacré aux charges de personnel, alors que la moyenne nationale pour des communes comparables se situe autour de 29 %.
C’est donc environ le double.
Bien entendu, il faut aussi prendre en compte le facteur humain. Je suis personnellement content que la commune puisse offrir des emplois stables.
Mais cet écart important avec la moyenne mérite peut-être lui aussi quelques explications.
Une question pour les candidats
Au-delà des chiffres, la question est simple : quels sont les projets des deux listes et comment comptent-elles les financer ?
Des budgets chiffrés permettraient probablement aux habitants de mieux comprendre les choix qui seront faits dans les prochaines années.
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